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Hygiène au cabinet : « La ligne rouge reste la sécurité des soins »

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Les protocoles d’hygiène sont bien connus, mais leur application quotidienne reste parfois fragilisée par des gestes simples, des contraintes d’organisation ou des arbitrages de temps et de coût. Où se situent aujourd’hui les principales failles, comment rendre les exigences applicables au quotidien et jusqu’où peut-on aller dans une démarche plus durable sans transiger sur la sécurité ? 
Le Pr Damien Offner de la Faculté de Strasbourg apporte son éclairage.
1. Quelles sont aujourd’hui, selon vous, les principales failles réellement observées dans les pratiques d’hygiène au cabinet dentaire ?
Les écarts les plus fréquents concernent, selon moi, souvent des gestes très simples du quotidien qu’il serait facile de corriger : hygiène des mains insuffisante, port de montres ou de bijoux, ou masque manipulé pendant les soins, porté sous le menton puis remis en place, etc. On retrouve d’ailleurs ces “petites” failles dans beaucoup de communications professionnelles accompagnées de photographies. À cela s’ajoutent parfois des défauts de protection oculaire, de désinfection des surfaces entre deux patients ou de respect de toutes les étapes du retraitement des instruments (stérilisation), dont les contre-angles. La littérature souligne que ces écarts peuvent toucher aussi bien les précautions standard que la maîtrise de la chaîne de stérilisation.
2. Les exigences en matière d’hygiène et de stérilisation vous paraissent-elles adaptées à la réalité des cabinets dentaires, ou existe-t-il un décalage entre les textes et les contraintes du terrain ?
Les exigences doivent avant tout être guidées par le niveau de sécurité attendu pour le patient et le professionnel. Leur mise en œuvre nécessite toutefois une organisation rigoureuse, du temps, une formation adaptée et, idéalement, l’implication d’une assistante dentaire formée. Les évolutions technologiques, notamment les équipements automatisant certaines étapes du retraitement des instruments et/ou de la traçabilité, peuvent faciliter le respect des protocoles. L’enjeu est donc moins d’abaisser les exigences que de donner aux cabinets les moyens organisationnels et matériels de les appliquer durablement.
3. Comment concilier sécurité, coût, temps opératoire et durabilité sans affaiblir le niveau d’exigence ? Où se situe la ligne rouge ?
La ligne rouge est claire : aucune économie de temps ou de coût ne doit se faire au détriment de la sécurité des soins. En revanche, sécurité et durabilité ne sont pas incompatibles. Le choix raisonné d’instruments réutilisables lorsque leur retraitement est validé, la limitation du gaspillage et l’optimisation du remplissage des autoclaves permettent de réduire l’impact environnemental sans compromettre l’asepsie. Des études en odontologie montrent que les instruments réutilisables peuvent présenter un avantage environnemental, voire économique, selon les conditions d’utilisation. La durabilité doit donc s’inscrire dans une démarche d’amélioration des pratiques, jamais dans un compromis sur les exigences sanitaires.

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