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REUNIONS D’EQUIPE : DU TEMPS INVESTI POUR MIEUX ORGANISER LE CABINET

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Lorsque l’activité du cabinet s’intensifie, les réunions d’équipe sont souvent reportées, voire annulées. Faute de temps consacré à la coordination, les problèmes d’organisation finissent alors par être traités au coup par coup, entre deux patients.  Les interruptions répétées pendant la journée, les problèmes de transmission d’information ou les décisions prises dans l’urgence
sont souvent les conséquences d’un manque d’anticipation et de coordination. Et lorsque toutes les questions remontent au praticien, celui-ci finit par devenir le point de passage obligé de l’ensemble des décisions, au détriment de son activité clinique.
Organiser des réunions régulières ne signifie pas multiplier les temps d’échange. L’objectif est au contraire d’investir du temps pour en gagner, en donnant à chacun les informations et les moyens nécessaires pour agir efficacement.
Encore faut-il distinguer trois types de réunions, qui répondent à des objectifs bien différents.

Chaque matin, anticiper plutôt que réagir
Le briefing quotidien constitue l’un des investissements en temps les plus utiles dans l’organisation d’un cabinet. En cinq à dix minutes, l’équipe peut identifier les points de vigilance, anticiper les difficultés et répartir les actions nécessaires avant l’arrivée du premier patient.
Il ne s’agit pas de relire l’ensemble de l’agenda, mais de repérer les situations qui nécessitent une attention particulière.
Vous recevez à 11 heures un patient particulièrement anxieux ? Une intervention complexe risque de déborder ? Le laboratoire doit confirmer une livraison indispensable à la réalisation d’un traitement ?
En partageant ces informations, vous permettez à l’assistante de préparer ce qui peut l’être et au secrétariat d’anticiper les éventuelles conséquences sur les rendez-vous. Chacun connaît les particularités de la journée et peut agir avec davantage d’autonomie. Pour donner toute son efficacité à ce briefing, une question peut guider les échanges : « Qu’est-ce qui pourrait compliquer notre journée et que pouvons-nous prévoir dès maintenant ? »
Cette préparation ne supprimera évidemment pas tous les imprévus. Elle évitera cependant que des difficultés prévisibles viennent inutilement perturber le déroulement des soins.

Chaque mois, corriger les dysfonctionnements
Certaines difficultés ne peuvent pas être traitées entre deux patients. Les retards récurrents, les transmissions incomplètes ou les problèmes de répartition des tâches nécessitent un temps de réflexion spécifique.
À défaut, chacun développe ses propres habitudes pour faire face aux difficultés.
Progressivement, ces ajustements individuels peuvent générer des incompréhensions, des pertes de temps et des tensions dans l’équipe.
Nous recommandons donc de programmer une réunion mensuelle d’une heure à une heure trente, avec un ordre du jour préparé à l’avance.

Prenons l’exemple d’un cabinet dont les premières consultations dépassent régulièrement la durée prévue. Demander à l’équipe de « faire attention » n’apportera probablement aucune amélioration durable. Il faut identifier les causes du problème : les documents administratifs sont-ils recueillis suffisamment tôt ? La durée prévue est-elle réaliste ? Les différentes étapes de la consultation sont-elles clairement définies ? Qui prend en charge les explications et la planification de la suite du parcours patient ?
Cette analyse doit déboucher sur des actions correctives précises. Le cabinet peut, par exemple, décider de modifier son protocole d’accueil, de revoir la répartition des tâches ou d’ajuster les durées de rendez-vous. Les effets seront ensuite évalués lors de la réunion suivante.
Règle d’or : une réunion efficace doit produire des décisions. Pour chaque action retenue, il est indispensable de désigner un responsable, de fixer une échéance et de prévoir un suivi. Cette méthode présente également un avantage majeur : elle implique directement les collaborateurs dans l’amélioration du fonctionnement du cabinet. L’équipe devient progressivement plus autonome dans la recherche et la mise en œuvre des solutions.

Chaque trimestre, prendre du recul sur la stratégie du cabinet
Un cabinet peut fonctionner correctement au quotidien tout en s’éloignant progressivement des
objectifs que le praticien s’était initialement fixés.
La réunion trimestrielle permet de prendre du recul sur l’activité, d’évaluer les résultats obtenus
et de vérifier la cohérence entre les objectifs du cabinet et son fonctionnement réel. C’est
notamment l’occasion de faire le point sur les projets en cours, la qualité du service rendu aux
patients, les indicateurs de pilotage et les besoins de formation de l’équipe.
Imaginons que vous souhaitiez renforcer la dimension préventive de votre exercice. Cette
orientation stratégique doit se traduire concrètement dans le parcours patient. À quel moment
les informations sont-elles données ? L’équipe dispose-t-elle des outils et des connaissances
nécessaires ? Les rendez-vous de suivi sont-ils organisés de façon cohérente ?
La réunion trimestrielle permet de vérifier que les pratiques quotidiennes restent bien alignées
avec les orientations du cabinet et de décider, si nécessaire, des ajustements à mettre en
œuvre.
Enfin, elle doit aussi permettre de reconnaître les progrès accomplis. Le management ne peut
pas se limiter à identifier ce qui ne fonctionne pas. Valoriser les résultats obtenus et les efforts
réalisés est essentiel pour entretenir la motivation et la cohésion de l’équipe.

Des réunions structurées et suivies dans le temps
Attention toutefois : une multiplication des réunions sans méthode risque de produire l’effet inverse de celui recherché.
Pour qu’elles soient réellement utiles, quelques règles sont indispensables :

  • préparer un ordre du jour et préciser l’objectif de chaque réunion ;
  • respecter les horaires de début et de fin ;
  • favoriser la participation des membres de l’équipe concernés ;
  • privilégier les faits plutôt que les jugements ou les interprétations ;
  • formaliser les décisions en précisant qui fait quoi et dans quel délai ;
  • contrôler leur application lors des réunions suivantes.

Les sujets individuels ou confidentiels devront naturellement être traités dans un cadre distinct.
Dans notre activité de conseil auprès des cabinets dentaires, nous constatons régulièrement que certains dysfonctionnements persistent alors même que les solutions ont été identifiées. La difficulté réside souvent dans l’absence de suivi : personne n’a été clairement chargé de mettre en œuvre la décision ou de vérifier son application. La régularité constitue donc un facteur essentiel de réussite. Annuler systématiquement les réunions lorsque l’agenda se remplit revient à sacrifier l’organisation à court terme, avec le risque de retrouver les mêmes difficultés quelques semaines plus tard.

Investir du temps pour gagner en efficacité et en sérénité
Les trois réunions présentées remplissent des fonctions complémentaires : le briefing quotidien permet d’anticiper, la réunion mensuelle d’améliorer les systèmes organisationnels et la réunion trimestrielle de maintenir une direction commune. Elles illustrent parfaitement le concept de Temps Improductif Investi®, développé chez Binhas. Il s’agit de consacrer volontairement du temps à des activités qui ne génèrent pas directement de production clinique, mais qui contribuent à améliorer l’efficience globale du cabinet.
La performance d’un cabinet ne dépend pas uniquement du nombre d’heures consacrées aux soins. Elle repose aussi sur la qualité de son organisation, la circulation de l’information et la capacité de l’équipe à fonctionner avec autonomie.
À condition d’être préparées, structurées et suivies d’effets, les réunions constituent ainsi un véritable outil de management. Elles permettent au praticien de retrouver du temps pour son activité clinique et à l’équipe de travailler dans un environnement plus organisé et plus serein.

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A propos de l'auteur

Victor Binhas

Directeur des Opérations du groupe BGDS (Binhas Global Dental School)

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