En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.

❌

LEFILDENTAIRE est un site réservé aux professionnels de la santé dentaire.
Si vous n'êtes​ pas un professionnel de santé, vous pouvez obtenir des réponses à vos questions par des experts sur Dentagora.fr en activant le bouton Grand Public.

Je suis un professionnel Grand Public
Advertisement Advertisement expanded

REPONDRE AUX OBJECTIONS DES PATIENTS

0

Dans les cabinets que nous accompagnons, la question des objections revient tel un leitmotiv : « C’est un budget important », « Je vais réfléchir », « Je n’ai pas mal, est-ce indispensable ? » ou encore « J’ai lu sur Internet que… ». Ces phrases peuvent surprendre, déstabiliser, voire générer une lassitude légitime chez le praticien qui a le sentiment d’avoir déjà tout expliqué.
Pourtant, ces situations ne sont ni exceptionnelles, ni anormales. Elles font partie de la dynamique relationnelle du cabinet et ne reflètent en rien un manque de compétence. Elles expriment, le plus souvent, un besoin de sécurité du patient face à une décision qui l’engage.
Comprendre cet état d’esprit permet de changer radicalement de regard sur ces échanges.
L’objection n’est pas un refus, c’est une étape.
Nous constatons que l’objection est rarement un refus définitif. Elle apparaît plutôt comme un moment de tension chez le patient. Il hésite. Il mesure. Il cherche à reprendre le contrôle dans une situation qu’il ne maîtrise pas totalement.
L’objection n’est pas dirigée contre vous. Elle révèle un chamboulement interne.
Nous avons observé trois formes dans les objections des patients . Il y a d’abord le patient qui fuit : il ne répond pas vraiment, dit oui à tout sans vraiment vous écouter. Il n’;ose pas exprimer son refus.
Ensuite, le patient qui questionne : « Quels sont les risques ? » « Combien de temps va durer la douleur ? ». Ici, l’inquiétude s’exprime clairement. Enfin, le patient qui affirme son refus : « Je ne veux pas réaliser ce traitement.» Il est ferme, mais pourtant cela ne signifie pas que la conversation doit s’arrêter.
En effet, quelle que soit la situation, la relation se tend lorsque vous prenez l’objection comme une remise en cause personnelle. En revanche, lorsque vous la concevez comme une étape du processus de décision, elle devient plus facile à accueillir.

Comprendre avant de convaincre
Partant de ce constat, une question se pose : faut-il argumenter davantage ou chercher d’abord à comprendre ? Beaucoup de praticiens pensent qu’il faut « répondre » à l’objection. Justifier. Démontrer. Or, plus on argumente, plus le patient peut se raidir. Non par opposition, mais parce qu’il a le sentiment qu’on cherche à le faire changer d’avis. Or, l’objection s’apaise lorsque le patient se sent compris avant d’être convaincu.
Parfois, un simple « Je comprends que ce soit un investissement important » ou « C’est normal de vouloir prendre un temps de réflexion » permet de créer un climat serein et de rassurer le patient . Ces phrases montrent que vous entendez la préoccupation sans la juger. Et c’est souvent à partir de là que le dialogue devient plus constructif. Le patient n’est plus sur la défensive. Il peut alors entendre ce que vous avez à dire, non comme une pression, mais comme un éclairage.

Quelques postures qui font la différence
Pour aller plus loin dans cette approche, certaines attitudes modifient concrètement la dynamique de l’échange.
L’écoute, d’abord. Avant de chercher à convaincre, laissez le patient s’exprimer. Quels sont ses besoins, ses craintes ? Cette écoute n’est pas une politesse, c’est une base. Ensuite, faites preuve d’empathie. Se mettre à la place du patient ne signifie pas être d’accord avec lui. Cela signifie comprendre que ce qui vous paraît évident ne l’est pas pour lui. Qu’une prothèse ou un implant ne sont pas des soins ordinaires, mais des choix qui engagent son corps, son image et son budget. Puis obtenez une « cascade de oui ». Avant d’arriver au devis ou à la décision, sécurisez plusieurs points d’accord, simples et progressifs, qui construisent une logique commune. Par exemple :
♦  « Nous sommes d’accord que cette dent ne pourra pas tenir durablement comme ça ? »
♦ « Est-ce que notre objectif commun, c’est que vous puissiez manger sans y penser et sans douleur ? »
♦  « Et que l’on cherche une solution durable, pas juste un pansement provisoire ? »
Ces « oui » ne sont pas une technique de manipulation : ce sont des jalons de compréhension partagée. Ils vous permettent de vérifier que vous avancez ensemble, et de repérer précisément où se situe le blocage si le patient hésite.
La pédagogie que vous allez développer en expliquant, reformulant, vérifiant que le patient a compris va vous permettre d’avancer dans votre discours.

Préparer les situations récurrentes
Ce qui va également faire toute la différence, c’est le fait d’anticiper votre discours. En le préparant en amont, vous allez pouvoir gagner en efficacité et en sérénité. Si vous savez comment répondre avec calme et lucidité face à une situation donnée, vous montrez à votre patient tout votre professionnalisme. Le coût, la douleur, le temps, l’efficacité du traitement : ces sujets reviennent presque chaque jour. Plutôt que de les improviser à chaque fois, il peut être utile de préparer des trames de réponses, partagées avec toute l’équipe. Non pas des phrases rigides à réciter mécaniquement, mais des scripts qui vont stabiliser et fluidifier l’échange.
Par exemple, face à un « C’est cher », une formulation comme : « C’est un investissement effectivement. C’est aussi le meilleur investissement que vous puissiez faire pour retrouver le plaisir de manger et prendre soin de votre santé générale. » Vous validez l’observation, vous projetez votre patient dans un futur proche. Vous ne cherchez pas à minimiser la dépense, mais à replacer le soin dans ce qu’il apporte réellement.
Alors bien sûr, ces formulations ne sont pas des recettes miracles mais des repères. Et lorsque toute l’équipe les partage, le professionnalisme de votre cabinet prend toute sa dimension.

Le rôle essentiel de l’équipe
La question des objections de vos patients relève du cadre fixé dans votre cabinet. Lorsque l’équipe partage un langage commun, les objections trouvent un espace d’expression plus apaisé. L’assistante prolonge le discours du praticien, reformule, sécurise. Elle n’a pas à convaincre, mais à accompagner la compréhension du patient. La secrétaire peut alors prendre le relais de l’assistante et venir renforcer le discours. Cette cohérence d’équipe crée un climat de confiance qui réduit naturellement les résistances. Le patient sent qu’il n’y a pas de décalage, pas de double discours.

Retrouver de la sérénité
Répondre aux objections n’est pas mécanique. C’est une posture que vous devez adopter. Plus vous aurez  cadré votre discours, plus votre équipe sera alignée et moins l’objection sera vécue comme une remise en cause. Avec le temps, on comprend que ces moments ne sont pas des obstacles. Ils sont des points de passage nécessaires pour renforcer la confiance auprès de vos patients.

Pour approfondir ces sujets de communication patients, découvrez la méthode Binhas 365
https://methode.bgds.fr/

Partager

A propos de l'auteur

Victor Binhas

Directeur des Opérations du groupe BGDS (Binhas Global Dental School)

Laisser une réponse