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Les dentistes et le burnout : les clés du management

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Afin d’éviter de sombrer dans un état psychique et moral tel qu’il pourrait échapper au contrôle de la volonté même des dentistes (déni) victimes d’un épuisement professionnel, il faut dans un premier temps apprendre à reconnaître les signes précurseurs et multiples de cette pathologie induite par des problèmes récurrents d’organisation, de communication et de management.

Dans notre contexte économique actuel, le surinvestissement ou le surengagement du praticien dans la gestion de son cabinet dentaire peut présenter un risque élevé de burnout d’autant plus si cette tendance se manifeste durablement.

Le sentiment d’anxiété et l’agressivité

La tristesse ou le sentiment de déprime, lorsqu’ils sont occasionnels, ne doivent pas nécessairement alerter le praticien sur son éventuelle propension à pâtir du syndrome du burnout.

L’entourage professionnel proche, tout particulièrement l’assistante dentaire, le collaborateur ou un associé peuvent identifier de manière précoce le changement notable de comportement du praticien-gérant en situation de travail.

Dans le cas d’un burnout, l’anxiété finit par devenir quasi-permanente jusqu’à se transformer en sentiment d’oppression, voire de persécution, qu’il s’agisse de la relation à ses coéquipiers ou à ses patients.

Lorsque la situation se dégrade, les premières relations à en pâtir directement sont celles entre le praticien et son assistante dentaire qui devient en quelque sorte le ‘fusible’ du cabinet et court-circuite au gré des tensions internes. Les patients sont les secondes victimes indirectes de ces situations conflictuelles ouvertes et plus souvent larvées.

Apathie et surmenage

Il ne suffi t pas de se sentir fatigué pour envisager un prédiagnostic d’épuisement professionnel. Un coup de blues passager, le cafard, n’ont rien d’alarmant si un week-end de détente suffi t à décompresser. Il y a toutes les raisons de commencer à s’inquiéter lorsque les breaks ou les pauses que l’on s’accorde ne suffisent plus à « recharger ses batteries ». Lorsque la fatigue est de retour le lundi matin, par exemple, de manière récurrente ou bien si les retards au cabinet débutent dès la réception ou le traitement du premier patient de la journée, il peut déjà s’agir de l’émergence de l’un des symptômes du burnout.

Les insomnies

Lorsque les tensions accumulées au cours de la journée se perpétuent la nuit et interrompent le sommeil ou bien le rendent quasiment impossible, il y a danger. Le risque est d’autant plus grand si la perte de sommeil finit par se manifester sans que celle-ci puisse être associée à un événement professionnel ou personnel jusqu’à devenir quasiment quotidienne.

La perte de mémoire

Des oublis récurrents ou des pertes de mémoire passagères ne sont pas, à eux seuls, les signes ou les indices précurseurs d’un épuisement professionnel. Mais lorsque ces défaut d’attention, de concentration atteignent la qualité intrinsèque des relations professionnelles avec son assistante dentaire par exemple, en lui reprochant constamment de manquer à ses obligations alors que celle-ci sait pertinemment qu’elle est dans son bon droit, il est temps de se poser et de prendre soin de son « Moi ». Lorsque la situation empire, elle se manifeste souvent, pour compenser, par un accroissement démesuré de son investissement au cabinet ce qui a pour effet pervers d’augmenter la récurrence de ces oublis.

Le décrochage, ou la déconnexion des réalités

Le contenu de la formation initiale en odontologie prédispose déjà le futur dentiste à un isolement professionnel.

Ramener du boulot à la maison ou bien avoir quelques difficultés passagères à se détacher totalement des réalités économiques et sociales de son cabinet dentaire est une situation courante qui n’est pas nécessairement alarmante. Booster son activité pour augmenter son chiffre suite à des vacances prolongées ou bien à une augmentation de ses charges est une opération courante pour la plupart des professions libérales en France ! Si la situation dégénère au point que la quantité de travail administratif du

praticien-gérant augmente de manière telle qu’il reste quasiment tous les soirs après ses soins au cabinet à raison de 1h30 à 2h00, jusqu’à s’y rendre le week-end pour passer en revue son planning et revoir le temps imparti à chaque rendez-vous, puis, dès le lundi, exiger de son assistante ou sa secrétaire (ou pire, ne rien lui dire) qu’elle rappelle tous les patients pour modifier les rendez-vous (en grappillant 5 min par-ci, 5 minutes par-là), il est temps de prendre la mesure de la gravité de la situation, sauf à considérer qu’il s’agit d’insuffisances critiques exclusives en management et en organisation.

L’impact sur sa vie personnelle

Des disputes avec son conjoint ou des moments tendus à la maison avec ses enfants ou sa famille ne sont aucunement, pris isolément, des indices d’un court-circuit psycho-professionnel.

Cependant, si la situation perdure à un point tel que cet entourage familial apparaît totalement éloigné de ses préoccupations, jusqu’à avoir le sentiment de devenir un « étranger » chez soi, que cet éloignement conduit à un mutisme total ou bien à l’inverse à des conflits quasi quotidiens au point de ne plus être « reconnu » par ses proches dans la normalité de son comportement général, il est temps de faire un break en commençant par recourir à des professionnels de santé (psychothérapeutes).

L’instabilité décisionnelle et l’anti-management

Lorsqu’il ne suffit plus de regagner un peu d’espoir en s’accrochant à un objectif professionnel ou en prenant un peu de recul pour reprendre confiance en soi et dans ses proches collaborateurs, l’épuisement professionnel est peut-être déjà à la porte de son cabinet.

Si la moindre tâche de travail finit par devenir écrasante, au point qu’aucune réunion avec son équipe ne débouche sur un plan d’actions concret ni sur un acte rationnel de décision sur laquelle on ne revient surtout pas deux jours après, il n’y a peut-être pas de raison de s’inquiéter outre mesure ; ce qui par ailleurs doit nous interroger et nous inquiéter sur le mode de management ou l’anti-management courant des gérants de cabinets dentaires, les DRH et les directeurs (administratifs ou opérationnels) de centres dentaires n’étant souvent pas mieux armés que les praticiens eux-mêmes.

Les dérives du micromanagement

Le contrôle systématique des réalisations professionnelles de ses coéquipiers, associés ou employés, l’impossibilité quasi maladive de ne pas pouvoir déléguer totalement une tâche de travail à du

personnel compétent sont des comportements, qui associés à la procrastination (remettre au lendemain, ajourner ou différer une tâche ou une décision) peuvent aggraver le risque de développer à terme un burnout, même si certains praticiens se défendent de n’avoir jamais connu aucun état dépressif.

La tendance à l’isolement professionnel

Les modalités de l’enseignement initial en odontologie prédisposent déjà le futur dentiste à un isolement professionnel. On lui apprend à travailler seul, sans assistante dentaire, on lui recommande même d’assurer sa propre gestion comptable en inscrivant des cours de comptabilité dans son cursus de formation initiale et on le cantonne à répondre exclusivement à des impératifs de santé publique sans lui donner les clés de son autonomie professionnelle. Quant à la question de la confraternité, elle fait fort probablement partie des utopies du monde médical. Quand l’isolement du praticien s’étend à la communication interne avec son assistante dentaire, par exemple : plus de déjeuner en équipe, plus de discussion entre deux patients, des échanges quasi inexistants au point qu’on n’en ressent ni l’envie, ni le besoin, alors, il est temps de briser la glace de ce mutisme en organisant en urgence une réunion d’équipe et en ayant le courage d’affronter le regard et l’avis de ses coéquipiers sur les changements intempestifs de son comportement.

Test d’épuisement professionnel de Freudenberger

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Les dentistes et le burnout

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A propos de l'auteur

Rodolphe COCHET

Audit, conseil et accompagnement en management des cabinets dentaires
Partenaire RH des chirurgiens-dentistes et othodontistes & du personnel des cabinets dentaires depuis 1999


Adresse : 7 rue Nicolas Houel - 75005 Paris

Un commentaire

  1. Le burnout touche bon nombre de professionnels. Je ne suis pas surpris que les dentistes soient aux aussi très concernés. Ils ont beaucoup de travail. En plus des nombreux actes médicaux à réaliser, ils doivent gérer leur personnel et tout le côté administratif. Votre billet est intéressant car en plus de rappeler les signes du burnout, il propose un questionnaire pour faire une auto-évaluation.

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