Après les guides, gouttières et provisoires, l’impression 3D franchit une nouvelle étape : la restauration définitive chairside.
Avec Midas, SprintRay utilise une technologie propriétaire, Digital Press Stereolithography (DPS), conçue pour imprimer des matériaux très visqueux et fortement chargés. Le fabricant annonce jusqu’à 3 couronnes définitives en 10 minutes.
Son nouveau matériau Midas Restore, lancé en septembre 2026, contient plus de 75 % en poids de charges vitrocéramiques et zircone et vise notamment couronnes unitaires, inlays/onlays et facettes.
De quoi faire entrer l’impression 3D dans un territoire jusqu’ici largement dominé par l’usinage.
De l’auxiliaire à la restauration
Le changement est important : l’impression 3D ne sert plus seulement à fabriquer un guide, une gouttière ou un provisoire. Avec Midas Restore, SprintRay vise les couronnes unitaires définitives, inlays/onlays et facettes. Le matériau associe des charges de vitrocéramique et de zircone à une matrice méthacrylate photopolymérisable.
Le workflow revendique lui aussi une logique chairside : après l’impression, SprintRay annonce quatre minutes de post-polymérisation, suivies du polissage et du collage adhésif. Aux États-Unis, Midas Restore a obtenu une autorisation 510(k) de la FDA en avril 2026 ; le fabricant indique également un marquage CE de classe IIa sous MDR.
Le prochain juge sera clinique
C’est évidemment là que doit se situer la prudence. La possibilité de fabriquer une restauration définitive en quelques minutes ne préjuge pas de son comportement après plusieurs années en bouche.
Les premières publications commencent à apparaître. Une série de cas publiée en 2026 dans le Journal of Dentistry décrit notamment l’utilisation de Midas pour des facettes ultrafines réalisées chairside. Mais une série de cas ne constitue pas une démonstration de longévité clinique et le recul reste sans commune mesure avec celui des matériaux restaurateurs conventionnels ou usinés.
L’enjeu des prochaines années sera donc moins de démontrer que l’on peut imprimer une restauration définitive que de documenter son usure, sa stabilité esthétique, son comportement mécanique et sa longévité clinique.
Midas ouvre ainsi une étape intéressante : après avoir installé l’impression 3D dans la périphérie de l’acte restaurateur, l’ambition est désormais de la faire entrer directement dans la restauration elle-même. Reste à voir si le recul clinique confirmera la promesse technologique.


