L’auteur est le fondateur de la société Endoboutik, société revendeuse agréée par Diagnocat® des licences sur le marché français. A ce titre, il déclare avoir un conflit d’intérêt dans la rédaction de ce document
Le CBCT s’est imposé comme la référence pour explorer ce que la radiographie 2D ne montre pas. Mais un cliché, aussi précis soit-il, ne vaut que par la lecture qu’on en fait. Avec la version 2 de Diagnocat®, l’intelligence artificielle s’attaque enfin à la précision qu’exige l’endodontie, là où elle se limitait jusqu’ici aux grands champs de l’implantologie. Présentation d’un outil qui ne remplace pas le clinicien, mais qui change sa façon de diagnostiquer et de faire adhérer ses patients au traitement.
Une version 2 pensée pour l’endodontie
Diagnocat® n’est pas un nouvel entrant. Les praticiens qui pratiquent l’implantologie depuis plusieurs années connaissent bien la version 1, reconnaissable à son interface blanche (Figure 1). Depuis quelques mois, la société a lancé sa version 2, sur fond noir, qui change surtout une chose : la précision de lecture des CBCT. Ce n’est pas un détail. L’implantologie s’est longtemps satisfaite de grands champs ; l’endodontie, elle, travaille sur des petits et moyens champs, où l’exigence de résolution est tout autre. Pour devenir pertinent chez nous, l’éditeur a dû revoir ses algorithmes de calcul et les adapter à la qualité d’image que produisent nos appareils. C’est ce travail qui rend aujourd’hui Diagnocat® réellement exploitable en endodontie.

Fig. 1 : interface Diagnocat® — à gauche la version 1 (fond blanc), à droite la version 2 (fond noir), aujourd’hui calibrée pour les petits et moyens champs.
Pourquoi lire un CBCT n’a jamais rien d’anodin
Une radiographie 2D a ses limites : c’est bien pour cela que le CBCT s’est imposé comme référence pour rechercher une lésion apicale, une résorption, ou comprendre ce qu’une image plane ne permet pas de trancher. Mais posséder une machine qui produit de belles images ne garantit pas une bonne lecture. Plusieurs études en radiologie le montrent : la sensibilité de la lecture dépend de l’appareil, des paramètres d’acquisition choisis (angulation, faisceau, temps d’exposition), mais surtout de l’opérateur. C’est le facteur humain, celui qui ne disparaîtra jamais, qui reste la principale source de variabilité. La complexité anatomique, un canal qu’on sait manquer sans savoir où il se cache, la fatigue de fin de journée : ce sont des limites que tout clinicien connaît. Elles ont un coût clinique direct, quand il faut reprendre un échec, et un coût indirect, souvent sous-estimé, quand le patient ne comprend pas ce qu’on lui montre.
Une intelligence artificielle qui seconde, qui ne remplace pas
Un logiciel d’IA ne remplace pas le clinicien, en tout cas pas aujourd’hui. Il vient l’épauler. Concrètement, l’IA scanne les images, repère ce qui lui paraît suspect, et c’est au praticien de valider ou d’infirmer. Elle a tendance à sur-diagnostiquer plutôt qu’à sous-diagnostiquer, ce qui, en pratique, est plutôt rassurant : elle vous alerte même quand vous êtes fatigué ou pressé. Ce qui rend l’outil intéressant, c’est qu’il exprime un niveau de confiance pour chacune de ses propositions. Une lésion apicale annoncée à 92 % de certitude appelle une validation quasi automatique ; une lésion carieuse évaluée à 50 % doit alerter sur un diagnostic différentiel (Figure 2).
ce qui distingue Diagnocat® des autres logiciels, est que cette solution permet de travailler à la fois sur des images 2D (orthopantomogramme, rétro_alvéolaire, bilans complets)
Fig. 2 : (a) radiographie 2D annotée par l’IA — couronne, longueur d’obturation et dépassement, chacun assorti d’un pourcentage de confiance. (b) Coupe 2D annotée par l’IA
Un exemple concret, rencontré en consultation : sur la dent 36, l’IA propose un signe carieux avec 98 % de certitude, avec exposition pulpaire quasi obligatoire selon elle. À l’image, pourtant, la lésion n’a pas la morphologie d’une carie. Le clinicien corrige : il s’agit d’une résorption, pas d’une carie. Le commentaire est ajouté, la proposition rejetée, le rapport mis à jour en conséquence (Figure 3). C’est exactement le mode de fonctionnement attendu : l’IA propose une lecture, aussi assurée soit-elle, et le praticien tranche à partir de sa propre expertise.
Une étude publiée en 2025 menée sur la version 1 du logiciel, a montré une concordance comparable entre un spécialiste du CBCT et l’analyse de Diagnocat®, tout en soulignant que c’est l’association des deux qui optimise la détection (Allihaibi et coll., 2025). On retrouve ici une règle simple : la compétence naît de l’association de la connaissance et de l’expérience. Un outil qui prémâche l’analyse ne dispense jamais de l’une ni de l’autre, il les complète.

Fig. 3 : cas différentiel sur la dent 36 — proposition de l’IA (carie, 98 %) corrigée par le clinicien en « résorption ».
Ce que Diagnocat® sait détecter aujourd’hui
Le logiciel est aujourd’hui programmé pour reconnaître une soixantaine de pathologies, dont une vingtaine strictement endodontiques : sur-obturation, sous-obturation, résorptions, lésions apicales, anomalies anatomiques… Sur les CBCT petits et moyens champs, la finesse d’analyse est nettement supérieure à celle obtenue sur les grands champs, où le voxel, plus large, limite la reconstruction 3D fine. Quatre fonctionnalités structurent l’usage clinique : l’analyse radiologique automatique, la reconstruction planaire en 3D à visée pédagogique, les zones colorées dites « critical error tags » qui signalent d’un coup d’œil les problèmes endodontiques, parodontaux ou restaurateurs, et enfin la génération de comptes rendus de CBCT, une obligation réglementaire que peu de praticiens honorent avec la qualité qu’elle mérite (Figure 4).

Fig. 4 : coupe CBCT petit champ, dent par dent, avec propositions de diagnostic et zones colorées par type de pathologie.
Le compte rendu de CBCT : une obligation réglementaire enfin bien traitée
C’est un point sur lequel on communique trop peu : la rédaction d’un compte rendu de CBCT n’est pas une option, c’est une obligation réglementaire. Tout praticien qui prescrit et réalise un cone beam doit remettre un compte rendu écrit au patient, ou a minima le verser à son dossier. Dans les faits, beaucoup s’en dispensent faute de temps, ou se contentent d’une mention sommaire. Ceux qui font relire leurs CBCT par des radiologues extérieurs savent aussi que la qualité de ces comptes rendus est souvent très éloignée de ce qu’un spécialiste de l’endodontie serait capable de produire lui-même sur son propre champ d’expertise. C’est précisément là que Diagnocat® change la donne. Une fois l’analyse dent par dent validée, le logiciel génère automatiquement un compte rendu complet – jusqu’à une dizaine de pages sur un grand champ – où figurent uniquement les constatations retenues par le praticien. Rien n’est imposé : chaque proposition peut être approuvée en bloc ou contestée ligne par ligne avant validation. Le document se signe ensuite numériquement, s’exporte en PDF, en noir et blanc ou en couleur, et se réintègre sans difficulté dans le logiciel métier du cabinet. Ce qui prenait auparavant une rédaction manuelle fastidieuse, souvent reportée voire négligée, devient un geste de quelques minutes – et une obligation légale enfin remplie dans de bonnes conditions (Figure 5).
Fig. 5 a et b : compte rendu de CBCT généré automatiquement par Diagnocat®, approuvé par le praticien puis signé numériquement.
Un fonctionnement simple, sans rien installer
Diagnocat® fonctionne en mode SaaS : aucune installation, un simple accès internet depuis n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone. Deux façons d’alimenter le logiciel. La première, manuelle : le dossier DICOM du CBCT, qu’il arrive par clé USB ou par CD, est uploadé directement dans l’espace du praticien — une poignée de secondes pour environ 300 Mo de données avec une bonne connexion. La seconde, automatisée : une passerelle s’installe dans le viewer du CBCT du cabinet et transfère le dossier d’un simple clic. Le traitement de reconstruction 3D prend ensuite entre 5 et 7 minutes, sans qu’il soit nécessaire de rester connecté : le patient passe en salle d’attente, l’assistante lance l’import, et tout est prêt au fauteuil.
Le vrai levier clinique : faire comprendre au patient ce qu’il ne voit pas
C’est sans doute là que Diagnocat® change le plus la pratique quotidienne. Un patient qui n’a pas mal ne comprend pas toujours pourquoi on lui annonce une lésion apicale chronique, un instrument fracturé ou une communication sinusienne. Les schémas et fiches pédagogiques habituelles ont une limite : le patient ne s’identifie pas à un dessin générique. La reconstruction 3D, elle, montre sa dent, dans son contexte anatomique réel (Figures 6).
Fig. 6 a, b et c : reconstruction 3D d’un CBCT— lésion endo-parodontale communiquant avec le sinus maxillaire.
On peut rendre les tissus transparents (Figure 7), isoler une racine, faire apparaître une lésion qui remonte jusqu’au sinus, ou révéler une anatomie canalaire inattendue — deux canaux là où l’on n’en attendait qu’un. Une étude anglo-saxonne menée sur plusieurs centaines de patients a mesuré une hausse de 23 % du taux d’acceptation des soins lorsque l’image 3D est montrée au patient. Ce n’est pas un argument commercial : c’est un patient qui comprend enfin pourquoi il doit se soigner.
Fig. 7 a et b : vue en transparence d’une dent isolée — anatomie canalaire révélée sur une molaire mandibulaire avec un canal distal très plat
Au-delà du diagnostic : planifier un geste chirurgical
La segmentation 3D ne sert pas qu’à communiquer. Sur un cas de retraitement impossible par voie orthograde (dent percée, lésion apicale proche du foramen mentonnier), il devient possible de concevoir un guide chirurgical directement dans le logiciel, d’exporter le fichier STL correspondant et de l’imprimer en 3D pour sécuriser l’abord chirurgical. Diagnocat® ne propose pas encore de guides dédiés à l’endodontie — contrairement à l’implantologie où c’est déjà le cas — mais rien n’empêche d’en détourner l’usage dès aujourd’hui. Le fichier s’exporte en quelques dizaines de secondes, dent seule, portion d’arcade ou mâchoire complète, selon ce que l’on souhaite montrer ou imprimer, puis se transmet directement à une imprimante 3D.
L’excellence clinique et la technologie ne s’opposent pas
Il y a un fantasme récurrent autour de l’intelligence artificielle : l’idée qu’elle viendrait remplacer le clinicien. Personne, aujourd’hui, ne peut prédire ce qu’il en sera dans dix ans. Mais dans l’immédiat, la question n’est pas là. Une formule 1 est saturée d’électronique embarquée ; ce n’est pas pour autant que la voiture se conduit seule, et le pilote n’en est pas moins un pilote d’exception. C’est exactement la même logique en clinique : la technologie ne dispense pas de la compétence, elle la soutient et la révèle. Refuser cet outil par principe reviendrait à se priver d’un appui qui, sur les 60 pathologies qu’il documente, ne fait jamais moins bien qu’un praticien fatigué en fin de journée. Les trois leviers actionnés sont clairs : une meilleure précision diagnostique, un vrai gain de temps sur l’analyse, et un patient qui adhère davantage à son plan de traitement.
Conclusion
Diagnostic plus fin, gain de temps sur l’analyse, patient qui comprend enfin ce qu’on lui montre : au fond, c’est assez simple. L’intelligence artificielle ne remplace pas l’œil du clinicien, elle lui redonne de la disponibilité et de la lucidité pour rester exigeant sur ce qui compte vraiment. Reste à chacun de décider, à son rythme, comment s’en saisir dans sa pratique.
Comment l’intégrer à son exercice ?
Diagnocat® fonctionne par abonnement, pas par achat de licence — cohérent avec un modèle SaaS toujours à jour. EndoBoutik est aujourd’hui revendeur agréé des licences Diagnocat® en France, avec des formules pensées pour un exercice d’omnipratique ou orienté/exclusif de l’endodontie, à des conditions tarifaires nettement plus accessibles que celles pratiquées jusqu’ici par l’éditeur.
Voir l’outil fonctionner
La meilleure façon de juger de l’intérêt d’un tel outil reste de le voir fonctionner sur ses propres CBCT. Une démonstration personnalisée de Diagnocat®, avec réponses aux questions sur les licences et les tarifs négociés par EndoBoutik.com, peut être organisée sur simple demande. Scannez ce QR code pour demander une démonstration personnalisée.
Bibliographie
Allihaibi M, Koller G, Mannocci F. The detection of apical radiolucencies in periapical radiographs: A comparison between an artificial intelligence platform and expert endodontists with CBCT serving as the diagnostic benchmark. Int Endod J. 2025 Aug;58(8):1146-1157











