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Une main en or associée à une curiosité et une recherche de la perfection !

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C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté de retracer plus de 50 ans d’amitié, de collaboration, de créations, d’innovations, d’inventions…

J’ai effectivement eu la grande chance de rencontrer Bernard à la société déontologique de Paris. Lorsque je suis rentré au bureau de la SOP. dirigée à l’époque par le docteur Patrick Missika, il était déjà un membre important et très actif ; il était aussi Assistant en Prothèse conjointe dans le service du Professeur Leibowitch.

Son talent et surtout son esprit inventif lui ont permis de mettre au point des 1978, les fameuses fraises de Touati et, deux années plus tard, les kits de fraises TPS commercialisés par la société Komet.

Ces nouveaux types d’instruments rotatifs ont simplifié les curetages rotatifs, mais ils ont eu surtout le mérite de codifier les différentes préparations prothétiques et surtout les nouveaux profils des limites cervicales.

Cet intérêt pour la codification des instruments rotatifs lui ont donné l’occasion pendant de nombreuses années, de mettre aux point différents sets de préparations, de finitions, de polissages (qui ne connait pas la fameuse ≪ moumoute ≫ de Touati ?). Il a aussi conçu le design si particulier des fraises gauges pour faciliter les nouvelles préparations des facettes et des jackets de céramique.

Cet esprit inventif, cette soif de connaissances, ce goût pour l’excellence, son courage dans la volonté de promouvoir une nouvelle dentisterie m’ont immédiatement séduit ; et lorsqu’en 1983, il décide de créer la S. F. D. E, il me propose de tenter cette aventure avec moi.

C’est ainsi que nous avons scelle définitivement cette nouvelle amitié et c’est ensemble, avec l’aide de quelques autres confrères, que nous avons participé activement à la véritable révolution de la dentisterie moderne qui s’est aujourd’hui, malgré les critiques, imposée à toutes les disciplines de notre art.

Cette nouvelle dentisterie devait bien sûr répondre aux anciens critères qui étaient de supprimer la douleur et de rétablir la fonction, mais elle devait aussi répondre à de nouvelles exigences comme la conservation tissulaire et surtout le résultat esthétique.

Il faut rappeler ici que c’est grâce aux progrès de l’adhésion et de l’ostéointegration auxquels nous avons tout de suite cru que nos reconstructions esthétiques ont pu répondre à ces nouvelles exigences.

Nous avons dès le début des années 80, sous l’impulsion de Bernard Touati, assisté à tous les congrès importants aux Etats-Unis et nous avons pu très rapidement établir des contacts avec les universités, les sociétés scientifiques, les industriels et surtout avec des praticiens d’exception comme, Goldstein, Garber …

Nous avons tout de suite été convaincus que la demande des patients avait beaucoup évolué et qu’il fallait absolument trouver de nouveaux traitements pour répondre a ces nouvelles exigences. Ces années 80 ont véritablement été magiques. Quand Bernard mettait au point les premiers inlays en résine composite, puis les inlays compo métal, pour ma part je codifiais les préparations pelliculaires, les techniques de préparations et de collages des bridges collés, puis, un peu plus tard les premières techniques d’éclaircissements chimiques en Europe, la micro abrasion…

On ne répètera jamais assez que c’est grâce aux progrès de l’adhésion et de l’ostéointegration que cette nouvelle dentisterie a pu se développer aussi rapidement. Nous avons pendant toutes ces années beaucoup travaillé, écrit, publié sur ces nouvelles techniques.

Pendant cette euphorie de nouveautés, d’expériences et de découvertes, il ne faut pas oublier la participation active de Bernard Touati dans la création et le développement de l’Académie Européenne de Dentisterie Esthétique qu’il a dirigée pendant plusieurs années. C’est aujourd’hui encore une académie qui regroupe les tous meilleurs praticiens européens.

Et puis une autre date importante c’est la création du CIDE (Congrès International de Dentisterie Esthétique) en 1990 que nous avons animé à deux pendant plusieurs années.

Cette vitrine française de la ≪ belle dentisterie ≫ nous a donné l’occasion de connaitre et de faire connaitre à nos confrères, les meilleurs dentistes et prothésistes du monde. Cet événement exceptionnel réunissait tous les deux ans le monde de l’industrie et plus de mille praticiens. Sa carrière professionnelle ne s’arrête pas uniquement a toutes ces activités, car son talent de praticien, d’orateur, d’écriture et sa parfaite connaissance de la langue anglaise l’ont aidé pendant plusieurs années à être le rédacteur en chef de la plus grande revue d’esthétique américaine (Practical Periodontics and Aesthetic Dentistry). Sous son impulsion, nous avons écrit conjointement un livre en anglais : Esthétic Dentistry and Ceramic Restorations qui a été un best-seller en 1999 avant d’être traduit en plusieurs langues.

Bernard c’est aussi et surtout un praticien hors norme : une main en or associée à une curiosité et une recherche de la perfection maladives, un talent inné pour les contacts … toutes ces qualités l’ont amené à être le praticien et l’ami de nombreuses personnalités du spectacle, du monde des arts et de la politique.

J’ai toujours eu du mal à comprendre comment on peut mener une vie aussi dense, aussi active, aussi diverse pendant tant d’années. En plus, en dehors de son métier Bernard a aussi une grande famille, dont il s’occupe en permanence.

Je suis sûr que j’ai oublié beaucoup de choses, d’événements qu’il a créés, dont il a eu l’idée ou qu’il a aidé à se réaliser… mais je ne voudrais pas finir ces pages sans rappeler la chose qui m’a le plus épatée et dont il est très fier : c’est son intérêt très tôt pour l’implantologie qui l’a poussé, alors qu’il était un praticien connu et reconnu en dentisterie prothétique à retourner à l’école pour apprendre les principes de cette nouvelle discipline, dont aujourd’hui il possède toutes les clés.

paul

Ses nouvelles qualités d’implantologiste, associées à ses connaissances prothétiques et à son esprit inventif lui ont ouvert les portes d’une deuxième carrière professionnelle : celle de la recherche en implantologie, qui occupe aujourd’hui la plupart de son temps. Connaissant Bernard, je suis sûr qu’il nous réserve dans ce domaine encore de bonnes surprises.

Vous l’avez compris Bernard est un personnage à part, aux multiples facettes. En dehors de toutes ses activités, il a toujours su s’entretenir physiquement par la pratique assidue du  tennis, du golf, du vélo, du jogging… et puis la cerise sur le gâteau a été sa passion subite pour la peinture à laquelle il a consacré beaucoup de temps, organisé pour ses amis de magnifiques expositions dont une à Moscou, qui reste pour beaucoup un souvenir exceptionnel.

Je voudrais le remercier car il a révélé en moi mon passé de peintre et dès sa première exposition, par dépit, je me suis remis à peindre et depuis je n’ai jamais arrêté. Sacre Bernard, pour moi tu es un véritable extra-terrestre mais tu es surtout un frère, un ami, un ami que j’aime.
Docteur Paul MIARA

P.S. : je voudrais associer à la grande réussite de Bernard ses trois filles et aussi et surtout son épouse Liliane, qui a su être présente dans les moments difficiles, qui a su le conseiller et le soutenir dans ses choix multiples et qui a su, par-dessus tout, conserver un équilibre familial qui lui a permis d’avoir une aussi grand liberté d’action et d’entreprise. « Merci Lili ».

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A propos de l'auteur

Dr. Alexandre MIARA

Chirurgien-dentiste
D.U implantologie Chirurgicale et prothétique Paris VII
Post Graduate in Implantology New York University

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