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Communication : le danger de l’ego : “MOI, JE…”

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Nous sommes tous des professionnels. Nous avons un niveau élevé de formation, d’éducation et avons dépensé une énergie considérable pour avoir nos connaissances actuelles. Malheureusement, souvent, en même temps que nos connaissances et que nos cabinets évoluent, notre ego lui aussi se développe.

Brusquement, on se rend compte que nos connaissances nécessitent un sérieux renouvellement et cela nous dérange. C’est un danger certain. Au point que les patients commencent à nous contrarier et que l’exaltation au travail n’est plus la même. Cela se définit donc comme le danger de l’ego. Si vous êtes dans une situation où vous ne prenez pas le temps de construire des bases solides de travail, où les valeurs humaines ne comptent plus, où vous voulez seulement gagner beaucoup d’argent en échange de votre travail, vous êtes en danger en raison de votre ego.

Votre ego vous tiendra à l’écart de tout

Je ne suis peut-être pas assez clair lorsque j’essaye de vous faire comprendre que votre ego est dangereux. Ce phénomène apparaît lorsque vous oubliez que notre métier existe pour « servir » nos patients de la façon la plus intelligente possible. Voici le temps où nous commençons à délaisser les personnes, notre équipe, ses besoins et son désir d’évolution. Et c’est à ce moment-là que notre cabinet perd de son envergure. Et le pire est que vous ressentez cette chute de la même manière que les autres inconvénients car vous n’avez pas ce que vous méritez. Face à un certain nombre de problèmes que nous créons nous-mêmes, peu d’entre nous acceptons de reconnaitre qu’un énorme ego peut être à l’origine du problème.

Un exercice mental

Au détour d’une conversation, je dis parfois à certains confrères qui ont particulièrement bien réussi qu’il serait intéressant de leur retirer tout leur argent et de le déposer à la banque sur un compte bloqué. Cela leur permettrait de réagir comme s’ils repartaient de zéro. Pendant qu’en règle générale, ils me regardent avec stupéfaction, j’ajoute qu’ainsi au moins ils seraient certains de conserver la motivation et l’enthousiasme qui avaient fait leur succès.

Mais, j’ai constaté que personne ne veut tout recommencer. Nous travaillons dur pour obtenir nos diplômes, puis bénéficier de la qualité de la vie et du confort possible grâce à notre métier, grâce à notre implication et notre formation permanente. Lorsque l’argent manque, il est difficile d’avoir un ego très développé. Malheureusement, une fois qu’un certain niveau de réussite est là, nous oublions les personnes et les attitudes qui nous ont permis d’en arriver là. C’est pourquoi, il est important de se débarrasser d’une certaine suffisance et de conserver cette motivation et cet enthousiasme qui étaient nos moteurs à nos débuts.

Ne laissez pas votre ego prendre le pas sur vous

Ce jeu de mots parle de lui-même. Ne laissez pas votre ego s’installer à l’intérieur de votre réussite et « mettre en péril » votre cabinet.

L’autre facette de ce jeu de mot démontre qu’une fois que vous commencez à perdre de l’altitude à cause d’un ego surdéveloppé, vous pouvez devenir arrogant, prétentieux et au bout du compte déconnecté de la réalité. C’est encore une autre partie de vous-même que l’ego peut détruire.

Soyez-vous même, les autres rôles sont déjà pris (Oscar Wilde).

« NOUS » : le mot le plus populaire de la langue française

Force est également de constater que le mot « Je » est beaucoup plus utilisé que tout autre mot de notre langue et fait donc référence à notre ego. Et au titre d’experts que nous sommes, l’usage de ce terme « Je » est devenu quasiment automatique. Cependant, le mot « Je » a l’inconvénient majeur d’attirer l’attention sur notre personne, et non sur le traitement proposé à notre patient. Utiliser trop souvent le mot « Je » confère une connotation négative lors d’une consultation ou de l’établissement d’un plan de traitement. Lorsque les patients viennent vous voir, ils veulent savoir quels sont leurs besoins. Ils ne sont, en général, probablement pas prêts à entendre parler de la nécessité de réaliser un traitement complexe et encore moins de connaître son coût éventuel.

Ce sera peut-être une surprise pour vous, mais ils préfèrent dépenser leur argent en voyage, en vêtements ou dans l’achat d’une plus grande maison. Mais pour de nombreux patients, les soins dentaires sont dans le meilleur des cas, considérés comme une nécessité déplaisante, et dans le pire (lorsqu’ils n’ont pas vraiment compris le traitement), comme une non nécessité déplaisante !

Alors quand le savant praticien commence à dire « Je », « Je », « Je », les patients se voient dans l’obligation de subir des phrases du type :

« Je pense que vous avez ceci »

« Je pense que vous avez besoin de cela » « Je suis en mesure de vous soigner »

« J’ai une excellente équipe » etc.

Commencez-vous à saisir le message ? Cela concentre l’attention du patient sur votre personne et non sur le traitement. L’une de mes recommandations les plus fortes est donc d’inclure le patient dans la planification de ses traitements. Il doit sincèrement être convaincu que le fait d’accepter le traitement est dans son intérêt. Le mot « je » doit être effacé de votre vocabulaire (du moins au cabinet bien sûr !). Alors, me direz-vous, quelle est l’alternative ? C’est simple. Toujours utiliser le mot « Nous ». Le mot « Nous » encourage une approche commune. Le mot « Nous » vous rapproche de votre interlocuteur. Il est important de parler aux patients en utilisant le mot « Nous ». Par exemple, pour le diagnostic et le traitement :

  • « Nous avons découvert…” (cela implique toute l’équipe du cabinet)
  • « Nous pouvons examiner cette zone pour cerner la gravité du problème…” (cela implique le praticien, mais aussi le patient)
  • « Nous avons une bonne opportunité d’améliorer l’état de votre bouche…” (praticien + patient)
  • « Nous pouvons sauver ces dents si nous…” (praticien + patient)
  • « Nous serons heureux de vous aider en quelque manière…” (praticien + son équipe)

Le mot « Nous » a un double effet : il renforce la notion d’équipe dentaire et il nous place du côté du patient.

Ce mot commence à créer une logique de groupe. Les patients réalisent qu’ils font partie intégrante du diagnostic et de la mise au point du traitement. Ils sentent que vous parlez d’eux au lieu de parler de vous. Cela leur permet de mieux comprendre que vous les voyez comme des personnes et pas seulement comme une rangée de dents.

Bien sûr, je sais bien que dans la réalité ce n’est pas comme ça que vous les considérez.

Mais n’oubliez pas, la 1ère loi de la Communication :

Perception = Réalité !

Ce qui est important n’est pas ce que vous faites mais bien comment cela est perçu.

L’utilisation du mot « Nous » permet de se focaliser sur un projet commun dans lequel nos patients jouent un rôle significatif. Une fois que les patients auront compris qu’ils sont impliqués dans le choix de leur traitement, ils l’accepteront plus facilement. En utilisant simplement le terme « Nous », les patients se sentent consciemment et inconsciemment plus impliqués dans le processus. Ils comprennent qu’en tant que membre de l’équipe, ils peuvent eux aussi participer aux décisions. Et la fréquence d’approbation de vos traitements augmentera. Ceci est un point essentiel.

C’est un concept si simple et si fort que vous pouvez ne pas reconnaître sa valeur réelle. Commencez dès maintenant à éliminer le terme « Je » et utilisez « Nous ». Vous constaterez vite que ce n’est pas quelque chose de facile. Mais cela fera une grande différence dans vos relations avec les patients… et avec votre équipe !

PLAN D’ACTION

  1. Examinez prudemment votre ego. Si vous trouvez qu’il prend trop d’ampleur, vous devrez entreprendre une réflexion et élaborer un plan pour lui faire perdre cette 1ère place.
  2. Êtes-vous toujours aussi gentil et attentif avec les personnes qui vous ont aidé à en arriver là ? Ou, au contraire, vous montrez-vous dédaigneux envers eux ? Commencez-vous à croire qu’ils vous doivent quelque chose ?
  3. Si vous répondez oui, vous manquez incontestablement de réalisme. En effet, vous ne cesserez jamais de « construire » au sein de votre cabinet. Ce sont d’ailleurs les mêmes outils qui vous ont aidé le premier jour, qui vous aideront encore aujourd’hui. Le jour où vous pensez que c’est Vous et seulement Vous qui êtes à l’origine de cette réussite, c’est ce jour-là que vous serez en danger.
  4. Conservez votre ego comme un repère. Adoptez-le sans en abuser dans vos relations personnelles.

Faites des choses inattendues, illuminez votre visage d’un sourire. Le tout vous permettra de devenir un être heureux.

 

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A propos de l'auteur

Dr. Edmond BINHAS

Fondateur du groupe Edmond Binhas
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Adresse : 5 rue de Copenhague BP 20057 13742 VITROLLES CEDEX

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