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Dr Hervé Bouchet

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J’ai l’impression qu’il existe une relation directe entre le prix de l’implant et l’épaisseur du catalogue de prothèse… Il est donc possible d’obtenir des implants « économiques » qui vont s’ostéointégrer (l’os ne reconnaît pas la marque du titane).

Quels sont les critères de choix d’un bon implant ?

Le choix d’un bon implant repose sur :

  • Le recul clinique de l’implant : un bon implant doit présenter un recul clinique de 5 ans au minimum. Il faut faire attention aux états de surface trop récents qui sont mis sur le marché avec des études insuffisantes.
  • L’implant doit être cylindrique ou conique en forme de vis avec un état de surface rugueux.
  • La précision d’usinage de l’implant, du bon ajustage des pièces prothétiques, de la qualité de sa connectique qui est brevetée, sont des paramètres importants pour éviter les problèmes de dévissage.
  • Il faut des pièces prothétiques (faux moignons anatomiques, en Ti ou en Zircone, piliers droits et angulés, …), permettant de faire face à toutes les situations cliniques.
  • Un « plus » esthétique peut-être la présence d’un col en Zircone.
  • L’ergonomie du système : pour le chirurgien il faut une trousse simple contenant peu de forets. L’idéal étant d’avoir le foret terminal livré avec l’implant. Pour l’assistante, il faut des trousses peu encombrantes.

Existe-t-il des différences fondamentales entre les implants de grande marque et ceux des marques de notoriété moindre mais toutefois très engagées dans l’implantologie ?

En tant qu’utilisateur de plusieurs systèmes, je trouve qu’il n’y a pas de différence fondamentale, il y a en revanche plein de petites différences. Certaines marques ont des forets plus efficaces, d’autres un choix de pièces prothétiques très larges… d’autres proposent des implants courts, d’autres non, certaines ont un col en zircone (atout considérable dans le secteur esthétique maxillaire).

J’ai l’impression qu’il existe une relation directe entre le prix de l’implant et l’épaisseur du catalogue de prothèse… Il est donc possible d’obtenir des implants « économiques » qui vont s’ostéointégrer (l’os ne reconnaît pas la marque du titane).

En revanche, il y aura moins de pièces prothétiques en catalogue. S’il existe une faille, elle se situe à mon avis dans la qualité de l’usinage des pièces prothétiques. Dans tous les cas, la différence de qualité dans un traitement implantaire repose plus sur l’expérience du praticien à utiliser un système, que sur la marque de l’implant.

Les implants courts (5/6 mm) sont-ils aussi fiables que les implants longs ?

Ce type d’implants peut répondre à deux indications cliniques pour éviter :

  • les comblements sous-sinusiens, dont la technique est bien maitrisée actuellement et présente de bons résultats.
  • des greffes d’apposition verticales à la mandibule, dont la technique est difficile à mettre en oeuvre et présente des taux d’échecs importants.

Néanmoins, les différentes études publiées sur l’efficacité des implants courts ont un niveau de preuve insuffisant. En effet, ces études mélangent dans leur données, des prothèses stabilisées sur à la fois des implants courts et de taille normale, ou bien des prothèses unitaires sur implants courts mais encastrées entre des dents naturelles.

La vraie question est de savoir si l’on peut remplacer un secteur postérieur édenté uniquement par des implants courts ? Pour répondre à cette question, nous menons depuis 2 ans une étude multicentrique dans le service d’implantologie de Lyon ainsi que dans différents centres d’investigation. Pour l’instant, toutes les prothèses sur implants courts dans le secteur postérieur mandibulaire sont en fonction, et nous les suivons.

Selon vous, les matériaux dits « de nouvelle génération » tels que la zircone… offrent-t-ils les mêmes conditions (maniabilité, pérennité, fiabilité…) que le titane ?

Pour ce qui est des piliers en Zircone, la zone de faiblesse mécanique se situe à la jonction entre la partie mâle de la connectique du pilier qui rentre dans l’implant et la partie supra implantaire externe du pilier qui reçoit la prothèse. En effet, la portion interne du pilier étant traversée par la vis de prothèse, l’épaisseur du Zircone à ce niveau est réduite à quelques dixièmes de millimètre. Il faut faire attention au risque présent de fracture des piliers en Zircone à ce niveau. Dans un cas esthétique, si l’on souhaite garantir la solidité, il faut privilégier un implant avec un col en Zircone surmonté d’un pilier en Titane Usiné et recouvert d’une chappe Zircone recevant la céramique. Ainsi la limite couronne-implant sera Zircone-Zircone (absence de joint métallique disgracieux) et les 2 mm infra-gingivaux en Zircone du col transmuqueux de l’implant assureront une parfaite intégration esthétique gingivale immédiate (par une distribution favorable de la lumière au niveau de la gencive qui sera moins gris bleuté par l’absence de métal sous-jacent), et dans le temps (en cas de récession gingivale, pas de métal visible mais du Zircone). Je pense qu’un implant avec un col en zircone a une très bonne indication dans les secteurs esthétiques.

Quel(s) implant(s) posez-vous ?

Dans le cadre de mon exercice de chirurgie parodontale et implantaire exclusive à GRENOBLE, j’utilise des implants 3i, l’EVL+ de SERF, le Prisma de KEYSTONE, du BIOTECH Conic et du BIOTECH Smiléa conic qui présente un col en zircone.

Dans le cadre de mon activité d’attaché dans le service d’implantologie de la faculté d’odontologie de Lyon, nous utilisons l’EVL+ de chez SERF, du Replace de chez Nobel Biocare et des implants Prisma de chez Keystone.

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Fig. 1 : Implant Biotech Smiléa conic avec son col en Zircone sur 11 Fig. 2 : Prothèse terminée

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A propos de l'auteur

Dr Hervé Bouchet

Attaché dans le DU du chirurgie implantaire de Lyon
Implantologie Exclusive à Grenoble

Un commentaire

  1. Bonjour Dr BOUCHET H,
    Combien coûterait la pose d’un implant KEYSTONE?
    En France quelle société les commercialise pour avoir les accastillages?
    Peut on faire des prothèses vissées?
    Et ce aussi fiable que les implants Nobel ou de Straumann?
    Merci pour votre réponse.
    Confraternellement.
    Dr F BANDALI

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