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Plafonniers et scialytiques on vous éclaire !

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Les dentistes exercent 2000 heures par an sous lumière artificielle intense. Leurs yeux sont soumis à de lourdes contraintes de vision.

Choisir un éclairage professionnel sûr et performant est fondamental, tant pour la préservation de la santé et du bon fonctionnement de son corps (biorythmes, yeux), que pour son confort et sa performance au travail.

Le plafonnier et le scialytique sont complémentaires et indissociables pour le dentiste. Le premier a pour objet d’éclairer toute la salle de soin, de la zone opératoire aux meubles, murs, et plafond. Le second celui d’éclairer le champ opératoire.

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Ces deux appareils ont récemment beaucoup évolué en raison des profonds changements normatifs et règlementaires sur les sources (directives européennes 2009/44 & 45). La technologie LED s’est imposée et devient le standard. Ses spécificités lumino-techniques présentent de grands avantages, notamment en matière de consommation énergétique. Mais des précautions doivent être prises en raison de la pointe de bleu du spectre des LED froides, toxique pour l’œil.

La lumière est un des éléments indispensable à la vie.

L’Homme s’est façonné au cours de l’évolution sous la lumière naturelle du jour. Son corps est calibré selon ses variations naturelles d’intensité et de couleur. Au contraire de nos ancêtres, nous travaillons sous lumière artificielle, plus l’hiver que l’été. Cela n’est pas sans incidence sur nos biorythmes qui régulent sommeil, appétit, attention, vigilance, force musculaire, performance cérébrale, sécrétions hormonales… Car notre organisme et ses processus physiologiques restent soumis aux oscillations de cycles biologiques naturels que régit notamment la lumière.

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L’oeil humain fonctionne également au mieux en milieu de journée à l’extérieur. Il fournit 80 % des informations nécessaires à l’exercice dentaire et est le principal « outil de travail » du praticien. Son bon fonctionnement influe directement sur la qualité des soins, la santé et le bien-être du dentiste. Sur ou sous-éclairé, soumis à éblouissements et contrastes, trompé par des spectres très différents de ceux de la lumière naturelle, il verra mal. Pire ? il vieillira de façon accélérée et irréversible.

Les normes encadrant la conception et la performance des appareils d’éclairage dentaires ne sont plus adaptées à la technologie LED dont les risques alarment les autorités et engagent les instances normatives sur leur refonte totale.

Intrinsèquement, la LED émet une lumière très différente des anciennes sources : son spectre particulier et sa luminance très élevée représentent des risques, connus, qui doivent être pris en compte car leurs conséquences seront constatées d’ici plusieurs années. Il sera alors trop tard. La situation est à rapprocher des cancers de la peau causés par l’exposition au soleil, dont les dégâts n’auront été mesurés que des dizaines d’années après les premiers congés payés. Le spectre de base de la LED est atypique. A 6500K, il est marqué par une forte pointe de lumière bleue, un trou dans les cyans, une composante de jaune réduite et une part de rouge très faible. Toutes les couleurs sont déséquilibrées par rapport à la lumière naturelle : la prise de couleur dans ce contexte est impossible. Mais il y a plus ennuyeux… ce spectre a une incidence néfaste sur le fonctionnement de l’œil, sur la santé et sur les rythmes biologiques.

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Les bleus HEV (Haute énergie dans le Visible) qui constituent cette fameuse pointe de bleu sont à l’origine de l’éblouissement et de la perte de sensibilité au contraste. Ils constituent un risque avéré pour la santé des yeux (DMLA, cataracte, rétinite…). L’ouverture de la pupille est commandée par les jaunes et verts du spectre. S’ils sont en moindre quantité que les bleus, l’œil sera soumis à un sur-éclairement par les bleus dont les dégâts sont irréversibles et proportionnels au temps cumulé d’exposition. Accessoirement, les bleus HEV provoquent la polymérisation accélérée des composites et des colles !

Le degré très élevé de précision indispensable au chirurgien-dentiste nécessite un environnement lumineux très spécifique. L’éclairage requis pour l’obtention d’une vision parfaite et reposante doit se concevoir en tenant compte de 4 critères physioet psychobiologiques :

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Permettre à la pupille de gérer correctement son ouverture pour se préserver de la toxicité du bleu HEV et pour assurer la meilleure définition d’image (elle fonctionne comme le diaphragme d’un appareil photo). Les éblouissements sont à proscrire : ceux induits par les bleus HEV dont la photo-toxicité affecte la santé de l’œil, et ceux provoqués par la réverbération de la lumière réfléchie sur les dents, qui va directement sur la Macula entrainant une fermeture réflexe de la pupille, donc une baisse de définition de l’image. Le critère n’est donc pas d’avoir des Lux, au contraire !

Permettre aux bâtonnets de créer une grande finesse d’image en noir & blanc. Situés à la périphérie de la rétine, ils sont moins éclairés que le centre de la rétine quand la pupille se rétracte. L’image vue en niveaux de gris est alors moins fine et l’œil doit accommoder plus. Voir net devient fatigant. Comme sur une radio qui, trop contrastée sera mauvaise, moins l’éclairement sera uniforme dans toute la salle de soin et dans le champ opératoire, moins les bâtonnets auront de niveaux de gris.

Optimiser le fonctionnement des cônes. Ce sont eux qui « voient » la couleur et déterminent la forme des objets (acuité visuelle). Ils ne fonctionnent au mieux que sous la lumière naturelle du jour. Un spectre trop différent altèrera l’acuité et la vision des couleurs. Cela occasionnera erreurs dans la vision des formes des dents observées, de la micro-géométrie de leurs surfaces, de la luminosité, de la teinte et de la saturation.

Préserver le fonctionnement de nos biorythmes : vivre sous un spectre très différent de celui de la lumière du jour peut être source de troubles divers (immunitaire, hormonal, sommeil, humeur…) voire d’un vieillissement accéléré, de pathologies physiologiques ou psychologiques. L’irrégularité du spectre et notamment l’excès des bleus HEV, le déficit des bleus cyans & turquoises (sommeil, mémoire) ainsi que celui des rouges et jaunes (autres biorythmes) est néfaste.

Trois caractéristiques précises pour le tandem scialytique / plafonnier dentaire se dessinent. La technologie LED qui remplace définitivement toutes les autres sources les rend d’autant plus importantes.

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La Sécurité Photo-biologique impose d’éliminer les appareils dont les LED ont un spectre toxique pour la santé des yeux. Concrètement, les LED au spectre irrégulier dont la température de couleur (chromaticité) est supérieure à 5000K sont à bannir.

L’uniformité de l’éclairement est à prendre très sérieusement en considération. Le confort, général et plus spécifiquement de vision, en découle.

Le plafonnier devra avoir une large part indirecte pour éclairer l’intégralité de la salle de soin, de façon homogène du sol au plafond et sur tous les murs. A cet égard les dalles encastrées sont à éviter. Pour le scialytique, l’importance de l’uniformité de la tache est cruciale. Ce n’est pas l’insuffisance d’éclairement qui fatigue, c’est la répartition irrégulière de la lumière dans le spot, trop puissant au centre et s’amenuisant vers les bords. Il faut bien prendre conscience que les écarts d’intensité lumineuse, quand le regard passe de la bouche au plateau par exemple, ou d’une zone d’une dent à une autre, sont la source de la fatigue visuelle.

La qualité du spectre influe directement sur la performance au travail. Plus le spectre est proche de la lumière naturelle, mieux le corps fonctionne (biorythmes) et mieux l’œil voit les couleurs et les formes (acuité). La référence normative en la matière est l’illuminant normalisé D65 de la CIE. Cette conformité au D65 exige le respect de 2 critères indissociables : la chromaticité (c’est-à-dire une simple température de couleur à 6500K), et surtout la répartition spectrale, critère déterminant qui exige la reproduction dans le visible de la courbe spectrale de la lumière naturelle du jour.

Attention, si le critère de répartition spectrale n’est pas rempli, il y a pointe de bleu toxique, et la conformité complète au D65 n’est pas acquise. Il convient d’être très vigilant sur les communications commerciales trompeuses : aucun appareil présentant le seul critère de chromaticité n’est conforme au D65 ! En fait, n’importe quelle dalle 1er prix, ou tube « lumière du jour » répond au critère de chromaticité. Leur répartition spectrale n’a par contre rien à voir avec le D65. À ce jour, seule la technologie des LED complexes permet d’atteindre le D65. Et pour en être sûr, il suffit de vérifier la courbe spectrale de l’appareil.

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A propos de l'auteur

Jean Marc KUBLER

Expert international AFNOR et ISO pour l’éclairage dentaire

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